En ce temps-là, les pharisiens allèrent tenir conseil
pour prendre Jésus au piège en le faisant parler.
Ils lui envoient leurs disciples, accompagnés des partisans d’Hérode :
« Maître, lui disent-ils, nous le savons : tu es toujours vrai
et tu enseignes le chemin de Dieu en vérité ;
tu ne te laisses influencer par personne,
car ce n’est pas selon l’apparence que tu considères les gens.
Alors, donne-nous ton avis : Est-il permis, oui ou non,
de payer l’impôt à César, l’empereur ? »
Connaissant leur perversité, Jésus dit : « Hypocrites !
pourquoi voulez-vous me mettre à l’épreuve ?
Montrez-moi la monnaie de l’impôt. »
Ils lui présentèrent une pièce d’un denier.
Il leur dit : « Cette effigie et cette inscription, de qui sont-elles ? »
Ils répondirent : « De César. »
Alors il leur dit : « Rendez donc à César ce qui est à César,
et à Dieu ce qui est à Dieu. »
MEDITATION
Dans l'évangile de ce dimanche, Jésus doit faire face au piège sournois tendu par les pharisiens pour le mettre à l'épreuve et ce faisant le discréditer auprès des Juifs. Après avoir utilisé un ton faussement respectueux à son égard: « Maître, nous le savons tu es toujours vrai et tu enseignes le vrai chemin de Dieu […] », ils lui demandent en effet s'il leur est permis ou non de payer l'impôt à César. Répondre oui, reviendrait pour Jésus à apparaître aux yeux des siens comme un traître, un collaborateur de l'occupant romain, et répondre non, serait le meilleur prétexte pour les pharisiens de le dénoncer aux autorités romaines comme révolutionnaire ou résistant. Apprécions toute la justesse de la réponse donnée par Jésus : « Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu ». Cette distinction, posée entre les réalités divines et terrestres, est un élément structurant de l'histoire et de la culture occidentale, au point que de nombreux historiens des idées y voient le fondement scripturaire de la laïcité. Dans notre société sécularisée, où les points de repère religieux tendent à s'estomper (à cause d'une conception abusive et parfois erronée de la laïcité), il importe toutefois de se demander, au niveau individuel et collectif, quelle place nous faisons à cette injonction du Christ qui est plus que jamais d'actualité : « Rendez à Dieu ce qui est à Dieu ». Quelle est la place de Dieu dans ma vie, est-il le souverain ?
Père Patrick RABARISON, cm.







