En ce temps-là, en sortant du Temple, Jésus vit sur son passage un homme aveugle de naissance…. Il cracha à terre et, avec la salive, il fit de la boue ; puis il appliqua la boue sur les yeux de l’aveugle et lui dit : « Va te laver à la piscine de Siloé » – ce nom se traduit : Envoyé. L’aveugle y alla donc, et il se lava ; quand il revint, il voyait. Ses voisins, et ceux qui l’avaient observé auparavant – car il était mendiant – dirent alors : « N’est-ce pas celui qui se tenait là pour mendier ? » Les uns disaient : « C’est lui. » Les autres disaient : « Pas du tout, c’est quelqu’un qui lui ressemble. » Mais lui disait : « C’est bien moi. … »
On l’amène aux pharisiens, lui, l’ancien aveugle. Or, c’était un jour de sabbat que Jésus avait fait de la boue et lui avait ouvert les yeux. À leur tour, les pharisiens lui demandaient comment il pouvait voir. Il leur répondit : « Il m’a mis de la boue sur les yeux, je me suis lavé, et je vois. » Parmi les pharisiens, certains disaient : « Cet homme-là n’est pas de Dieu, puisqu’il n’observe pas le repos du sabbat. » D’autres disaient : « Comment un homme pécheur peut-il accomplir des signes pareils ? » Ainsi donc ils étaient divisés. Alors ils s’adressent de nouveau à l’aveugle : « Et toi, que dis-tu de lui, puisqu’il t’a ouvert les yeux ? » Il dit : « C’est un prophète. » …
Ils répliquèrent : « Tu es tout entier dans le péché depuis ta naissance, et tu nous fais la leçon ? »
Et ils le jetèrent dehors. Jésus apprit qu’ils l’avaient jeté dehors. Il le retrouva et lui dit : « Crois-tu au Fils de l’homme ? » Il répondit : « Et qui est-il, Seigneur, pour que je croie en lui ? »
Jésus lui dit : « Tu le vois, et c’est lui qui te parle. »
Il dit : « Je crois, Seigneur ! » Et il se prosterna devant lui.
MEDITATION
Les textes de ce dimanche posent la question de notre rapport à la société, de nos comportements, de ce que Dieu attend de nous ; car bien souvent nous nous situons en demandeurs face à Dieu, et notre demande est centrée sur nous-mêmes, nos petits soucis, ceux de nos proches et la sauvegarde de notre situation, et même, quelquefois, sur le rêve de notre ambition. Et cela nous conduit à privilégier le statu quo, à surtout ne pas faire de vague, à ne pas troubler l'ordre social.
Nous posons-nous la question ? Qu'est-ce que lui, Dieu, attend de moi ? Samuel qui est chargé par Dieu de choisir le Roi d'Israël parmi les fils de Jessé, commence par le plus grand, le plus fort ; et Dieu lui fait comprendre, peu à peu, que c'est le petit dernier que lui, Dieu, a choisi.
De même, Jésus choisit un mendiant aveugle de naissance pour porter témoignage et dire aux pharisiens à son propos : « Il m'a guéri, c’est un prophète. »
L'aveugle de naissance n'a rien demandé ; Jésus le guérit pour édifier ses disciples et toute la société juive bien pensante, celle qui menace d'exclusion ceux qui osent la contredire. Les parents de l'aveugle ont refusé de témoigner par peur de cette exclusion. Lui n'a pas eu peur, il a été jeté dehors et a retrouvé le Christ.
Nous aurons toujours à choisir entre la soumission à l'ordre social et le témoignage de notre foi en Jésus le Christ et en son enseignement.
Jean-Pierre, Diacre.







