En ce temps-là, Jésus traversait la Galilée avec ses disciples,
et il ne voulait pas qu’on le sache, car il enseignait ses disciples en leur disant :
« Le Fils de l’homme est livré aux mains des hommes ; ils le tueront
et, trois jours après sa mort, il ressuscitera. »
Mais les disciples ne comprenaient pas ces paroles et ils avaient peur de l’interroger.
Ils arrivèrent à Capharnaüm, et, une fois à la maison, Jésus leur demanda :
« De quoi discutiez-vous en chemin ? »
Ils se taisaient, car, en chemin, ils avaient discuté entre eux pour savoir qui était le plus grand.
S’étant assis, Jésus appela les Douze et leur dit :
« Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous. »
Prenant alors un enfant, il le plaça au milieu d’eux, l’embrassa, et leur dit :
« Quiconque accueille en mon nom un enfant comme celui-ci,
c’est moi qu’il accueille. Et celui qui m’accueille,
ce n’est pas moi qu’il accueille, mais Celui qui m’a envoyé. »
Dimanche dernier, nous étions invités à la connaissance concrète et complète de Notre Seigneur Jésus Christ, « Fils de Dieu », « le Messie » quand nous répondions à la question : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous qui suis-je ? »
La connaissance concrète de Jésus nous suggérais de reconnaitre en lui, dans la foi, l’envoyé du Père et à ne pas dissocier cette foi au « Fils de Dieu » des œuvres ou du moins des actes (Lettre de Saint Jacques) ; tandis que la connaissance complète nous suggérait, d’entrée de jeu, à reconnaitre, aussi, en Jésus, le « serviteur souffrant » dont faisait allusion le prophète Isaïe (première lecture du dimanche dernier).
C’est cette deuxième connaissance, la connaissance complète, qui pose un véritable problème en ce dimanche au point où, le livre de la Sagesse et l’Evangile reviennent à la charge sur la figure du serviteur souffrant.
Pendant que Jésus leur parle de sa passion et de sa mort prochaine, les disciples en sont encore à se demander qui sera le premier dans le Royaume qu’ils n’envisagent encore que temporel et politique. Dans mon Royaume, affirme Jésus, on devient premier en étant le dernier et le serviteur de tous. Cette perspective peut décourager plus d’un ! Et pour être plus concret, Jésus prend un enfant et le place au milieu d’eux. Il invite par ce décor ses disciples et son Eglise à accueillir avec sollicitude ceux qui sont, comme lui, les envoyés du Père et qui peuvent se présenter sur les carrefours du monde avec humilité et pauvreté.
Et si la source de toutes nos rivalités en société, en famille, au service et en Eglise avait son fondement sur notre manque d’humilité et de pauvreté évangélique ?
C’est pourquoi, la vrai sagesse chrétienne est amour des autres, oubli de soi, volonté d’accueil, recherche de la concorde, recours à la prière afin de découvrir le désir de Dieu sur nous (lettre de Saint Jacques). Supposons un seul instant que c’est le manque ou l’absence de ces dispositions qui provoque les guerres pour nous qui sollicitons la paix, les rivalités pour nous qui voulons vivre dans la concorde et, plus encore, leur manque ou leur absence, « plante » pour ainsi dire, notre prière et l’empêche de s’ouvrir à la grâce de Dieu pour être exaucée ?
Nos voix ne peuvent que s’élever avec celle du psalmiste pendant cette Eucharistie et crier : « SEIGNEUR, A MON AIDE, MON SECOURS ET MON SAUVEUR. » Amen !
P. Gabriel, cm







