Célébration et bénédiction de la statue de Saint Théophane Vénard, le 14 mars 2021 (vidéo)
Saint Théophane Vénard
Théophane Vénard est né le 21 novembre 1829 à Saint Loup sur Thouet, dans les Deux-Sèvres. Il est le second d’une famille très croyante de 4 enfants. Son père est instituteur et sa mère qui décèdera alors que Théophane n’a que 14 ans, travaille au bien être de son foyer.
Théophane reçoit une éducation religieuse. A 9 ans, alors qu’il garde l’unique chèvre de la famille, il lit une notice sur la vie et la mort de Jean Charles Cornay, prêtre du diocèse de Poitiers, décapité pour la Foi au Tonkin, le 20 septembre 1837. Le jeune enfant à alors une prémonition; « Et moi aussi je veux aller au Tonkin ! Et moi aussi je veux être martyr ».
Théophane a de bonnes dispositions pour étudier. A 18 ans il quitte le collège. Il est alors fixé sur sa vocation. Il entre au petit séminaire de Montmorillon pour 1 an, avant de rejoindre le grand séminaire de Poitiers. Se forme alors en lui le dessin de rejoindre le séminaire des missions étrangères, communément appelé le séminaire des martyrs. Les départs en mission étaient définitifs, c’était un adieu à la famille, à son pays, pour porter la Parole souvent en milieu hostile.
Le 3 mars 1851, le jeune abbé Vénard, après avoir voyagé pour la première fois en chemin de fer, découvrait Paris et entrait au séminaire des missions étrangères. Il est ordonné diacre le 20 décembre 1851 et prêtre le 6 juin 1852. Les missions de Chine, alors dument éprouvées, demandent du renfort. En décembre 1852, on informe Théophane Vénard de son départ prochain pour la Chine. Le jeune prêtre est déçu de ne pas partir pour le Tonkin, mais se garde de parler à qui que ce soit de sa déconvenue.
Le matin du 23 septembre 1853, Théophane Vénard, embarque avec 5 autres missionnaires au port d’Anvers, à bord du navire français, « le Philotaxe ». Après 143 jours d’un voyage tumultueux, Singapour est atteint. Théophane poursuit son voyage à bord d’un navire britannique, puis d’une jonque naviguant au milieu d’ilots rocheux, repaires de pirates. Enfin, les lumières de Hong Kong étaient en vue. Théophane arrivait au terme de son périple. Hong Kong s’était la « pax britannica », la sécurité et la procure, base arrière des missions de l’intérieur.
En février 1854, arrive de Paris une lettre aussi brève qu’elle était énorme. Le supérieur des missions étrangères annonce l’abandon du projet en chine affecté à Théophane Vénard, et conclut ; « pour vous consoler, Monsieur Vénard, on vous donne le Diamant du Tonkin ».
Le 25 mai, Théophane est avisé de son départ le lendemain, avec le père Legrand, à bord d’un sampan pour Macao. De là, ils gagnent le Tonkin pour la baie d’Halong, à bord d’une jonque de contrebandier. Un édit impérial de 1833, rappelé et précisé par le nouvel empereur Tu-Duc en mars 1851, condamnait à mort tous les prêtres européens.
Le 13 juillet 1854 Théophane Vénard arrive à la paroisse de Vin-tri et rencontre le légendaire Monseigneur Retord, grand, vigoureux, énergique meneur d’hommes, à l’occasion de l’ordination de 26 clercs.
Vin-Tri bénéficie d’une protection en haut lieu lui permettant d’échapper à la répression à laquelle sont soumis tous les chrétiens. En effet, le vice roi du Tonkin avait été soigné par un catéchiste auquel, par reconnaissance, il avait promis d’épargné les chrétiens établis sous sa juridiction.
Théophane Vénard apprend le vietnamien rapidement. Dés le mois d’octobre 1854 il prononce en vietnamien son premier sermon à l’église de Ke-Roan, le village ou il étudie.
Partout ou il séjournera, il se fera aimer des vietnamiens. Le père « Ven », (son nom vietnamien), irradie de joie. Plusieurs fois il tomba gravement malade et deux fois on lui administra les derniers sacrements. Alors que sa vie ne semblait tenir qu’à un cheveux, le père Ven recouvrait ses forces, parfois grâce à des médecines locales aussi risquées que douloureuses.
Mais l’Empereur du Vietnam demande d’avantage de résultat dans les exécutions des chrétiens et notamment des prêtres missionnaires. Le Tonkin Occidental n’est plus alors une zone protégée. La foudre n’allait plus cesser de tomber.
Le 2 mars 1857 au matin, des soldats arrivent, le centre chrétien de Vin-Tri est entièrement détruit. Monseigneur Retord parti avec d’autres pour les montagnes sauvages, domaine du tigre. Le père Ven partait rejoindre le pro-vicaire Cartex à Hoang-Nguyen. Celui-ci, mourant, fut promptement remplacé par le père Ven. Théophane se vit donc chargé du centre chrétien le plus important du Tonkin Occidental, depuis la destruction de Vin-Tri, Le père Ven veille sur 12.000 chrétiens et 7 prêtres. Il va de paroisse en paroisse, à l’œil à tout, rétabli la paix là ou il y a désunion, donne les dispenses nécessaires, en l’absence du vicaire apostolique, donne le sacrement de Confirmation, donne des retraites, fait mission pour que des pécheurs se convertissent. Le courrier marchait, mais n’était pas sans danger. En mai 1858, un paquet de lettres, adressées à la procure de Honk Kong, tomba entre les mains des soldats. Dés lors l’existence du prêtre était révélée ainsi que celle du centre chrétien de Hoang Nguyên. Le 10 juin, l’alerte est donnée, des soldats arrivent. Il faut se résigner à fuir. Seulement 2 élèves seront pris dans les champs et immédiatement torturés. De tout le personnel, les pères Vénard et Theurel partirent les derniers. Les 2 missionnaires passaient de village en village, de maison en maison au fur et à mesure des déplacements des militaires, se trouvant parfois séparer de leurs poursuivants par une simple cloison.
Le 22 octobre 1858, Monseigneur Retord décède de fièvre. Malgré les mauvaises nouvelles quotidiennes, prêtres pris, décapités, chrétientés détruites et dispersées, beaucoup de chrétiens qui apostasient et ceux qui demeurent fermes envoyés aux montagnes malsaines sur lesquelles ils périssent abandonnées, le peuple chrétien s’organise au mieux pour survivre.
Théophane Vénard communique à Theurel, le nouveau coadjuteur, le rapport que celui-ci lui à demandé concernant ce qui va et ne va pas dans la mission. Jean Théophane Vénard communique un rapport d’une excellente qualité ainsi que de nombreuses traductions en vietnamien de l’évangile. Monseigneur Jeantet et Monseigneur Theurel reconnurent si bien la justesse des observations de Théophane qu’ils résolurent de ré-organiser leur grand séminaire en morceaux et que le supérieur de celui-ci sera le père Vénard.
Alors que Théophane était avec son catéchiste Khang, caché chez une chrétienne, la veuve Cân, celle-ci eu la visite d’un cousin païen, qui soupçonna la présence d’un hôte insolite. Sur sa dénonciation, Théophane fût arrêté, Le catéchiste chargé d’une cangue et son maitre enfermé dans une cage de bambou, furent emmenés. Jean Théophane Vénard impressionnait par son calme, sa douceur et sa maitrise du vietnamien. On l’interrogea sans le torturer puis on le transféra à Hanoï. On passa aux jambes et au cou de Théophane, la chaine des scélérats, qu’il embrassa.
A Hanoï Théophane Vénard fut interrogé à nouveau. La clarté de ses réponses, la dignité, la douceur, mais aussi la fermeté et toujours la courtoisie déférente de Théophane, avaient produit la meilleure impression. Théophane fut ainsi gratifié par le vice-roi, d’une cage plus grande, d’une moustiquaire et d’une natte. Enfin, Théophane ayant non seulement refusé de fouler la croix, mais l’ayant embrassée, il avait bien fallu rédiger sa sentence ; mort par décapitation.
Le jour de son exécution, le 2 février 1861, Théophane s’adressa ainsi une dernière fois à la foule ; « J’ai quitté ma patrie, j’ai traversé les mers, je suis venu dans ce royaume afin d’annoncer la religion de Jésus et d’ouvrir le Ciel à un grand nombre d’âmes. Quelle récompense je reçois ? La mort ; mais la plus belle de toutes. »
Théophane marchait en chantant le Magnificat. On cisailla les grands anneaux circulaires de la chaîne entourant le cou et les chevilles du condamné. On planta en terre la planchette sur laquelle était inscrite sa sentence.
Le bourreau ayant trop bu, 4 coups de sabre lui furent nécessaire pour finalement achever de séparer la tète en utilisant son sabre comme une scie.
Théophane rendit l’âme.
Des lamentations montèrent de la foule. Une brève averse, totalement insolite en cette saison tomba pendant une minute et le soleil reparut. Les chrétiens déposèrent le corps dans un cercueil et l’ensevelir. Selon la sentence, la tête de Théophane fut mise dans un panier à claire voie et suspendu à un poteau. Le soir du troisième jour, un mandarin intervint en personne pour s’assurer que la tête était bien jetée au fleuve. Des pécheurs chrétiens repêchèrent la tête de Théophane, presque intact, onze jours après l’exécution. Dans la nuit du 3 juillet, des chrétiens vinrent exhumer secrètement le cercueil du martyr. Le corps de Théophane fut ainsi emmené au cimetière chrétien de Dong-Tri ou on l’inhuma pieusement. Un mois plus tard, tout le terrain sur lequel avait eu lieu l’exécution s’effondra, emporté par le fleuve rouge.
Monseigneur Pascal Delannoy, évêque de Saint Denis en France, a consacré le nouveau maître-autel de l’église Saint Sulpice et Notre dame, le dimanche 15 septembre 2013. A cette occasion, une relique de Saint Théophane Vénard a été encastrée dans cet autel pour la plus grande Gloire de Dieu







